1975, une cousine de ma femme, nous avait prêté un studio à Vence, pays de Matisse. J’avais juste emporté une boîte de gouache et faisait des expériences en peignant sur le journal local. Papiers froissés, pliés, etc. s’entassaient sur le balcon. Pour gagner de la place, j’eus l’idée de les découper en bande, de les tisser et coller.
Parallèlement, l’informatique progressant à grands pas, j’en vins à intégrer des images puis des photomontages à partir de photos que je prenais lors de mes voyages, de gravures anciennes chinées en brocante ou salles des ventes, de dessins personnels, etc.
Du carnet de croquis de mon grand-père, artiste peintre, à l’appareil photo numérique, même démarche : prendre des notes de voyage et rendre compte de la vie actuelle à partir d’images du passé et/ou du passé.
Je m’attache aux personnages pour les mettre en scène. Mon aïeul retravaillait ses esquisses en atelier, moi, je transforme mes clichés sur ordinateur avec des logiciels adéquats puis les retouche à la main par ajout ou effacement. Les tirages obtenus sont ensuite entièrement peints un à un à l’acrylique puis tissés (quatre épaisseurs de papier), évidés puis collés.
Dans mon travail, une part abstraite consiste à faire place au hasard grâce à une série de 40 formes géométriques placées de façon aléatoire sur des grilles préétablies au dos des peintures et déterminant les espaces de découpe. Par tissage, les peintures s'entrelacent puis par évidements successifs les images reprennent vie comme en une reconstruction archéologique qui multiplierait les éléments initiaux.